1940

La drôle de guerre va s’achever brutalement par l’invasion de la France. La débâcle de l’armée Française permettra aux Allemands de s’emparer de Brest dès le 19 Juin au soir. Les jours précédents, la Marine a quitté en catastrophe la rade avec tous les navires en état, embarquant au passage une partie de la réserve d’Or de la France. Les Brestois découvrent les occupants et la cohabitation difficile débute tandis qu’en même temps les premiers actes de résistance apparaissent. Les alliés de la R.A.F surgissent dans le ciel et débute une interminable série de bombardements qui dureront quatre ans.

23 Février – Une délégation de Journalistes anglais est reçue par la Marine Nationale à Brest.


06 Mars – Une sirène d’alerte est installée dans le clocher de l’église de Saint-Marc.


11 Avril – Trois trains arrivent en gare de Brest avec à bord la 5e demi-brigade. Le 13e B.C.A est caserné à Lambézellec, le 53e B.C.A est dirigé sur Saint-Renan, tandis que le 67e B.C.A est hébergé à Guipavas.


12 Avril – L’embarquement pour la Norvège du Corps Expéditionnaire Français s’effectue au port de commerce. Le 53e B.C.A embarque sur l’El-Djézair, le 6e B.C.A sur l’El-Mansour, le 13e B.C.A sur le Ville d’Oran. Le navire El-Kantara embarque une partie des 53e et 67e B.C.A et l’état-major. Avant le départ, les troupes ont défilé dans les rues de Brest, fanfare en tête sous les acclamations de la foule. A l’appareillage, la musique du 2e Dépôt interprête La Marseillaise et le Chant du Départ. Le navire Ville d’Alger arrive à Brest pour embarquer 1100 hommes et du matériel, son appareillage est prévu pour le 14.


15 Avril – Vers 16 heurs, le navire Ville d’Alger quitte Brest avec sa cargaison, escorté par le Bison et le Foudroyant. Il a 24 heures de retard car les dockers ne travaillant que huit heures par jour et pas le dimanche, ont retardé le chargement. La 13e demi-brigade de la Légion Étrangère venant du Larzac, débarque à Landerneau. Elle séjournera entre Plabennec et Landerneau.


16 Avril – Les cargos Saumur, Brestois et Amiénois quittent Brest avec le reste du matériel pour la Norvège.


18 Avril – La 27e demi-brigade embarque au port de commerce à bord du Président Doumer, du Flandre et du Djenné, qui appareillent escortés par le Vautour et l’Albatros. La 347e compagnie autonome de chars de combat arrive à Brest.


22 Avril – Skis à l’épaule, la Légion défile à Brest pour embarquer. Les polonais du Général Bohusz-Scyszko embarque eux aussi. Sur les cargos Colombie, Mexique et Chenonceaux, on embarque la 314e Compagnie autonome de chars, la Compagnie anti-chars et une compagnie de camionnettes. Tous appareils à 20 heures.


30 Avril – Seconde alerte aérienne à Brest, simple raid de reconnaissance.


02 Mai – Le Duc de Kent, frère du Roi d’Angleterre George VI, atterrit à Lanveoc-Poulmic. Il est conduit à Brest en vedette et déjeune à la préfecture maritime. Il vient au titre de Contre-Amiral de la Flotte Britannique. L’après-midi, il visitera l’Ecole Navale.


10 Mai – Début de la Bataille de France.


12 Mai – Le sous-préfet de Brest, M Servain demande à la commune de Saint-Marc d’accueillir 800 réfugiés.


17 Mai – Troisième alerte aérienne à Brest.


24 Mai – On distribue des masques anti-gaz aux équipes de la Défense Passive à Saint-Marc.


31 Mai – Le premier train d’or de la Banque de France entre à l’Arsenal, un Policier à chaque portière. C’est par camion que les 16 201 colis d’or seront envoyés au fort du Portzic pour stockage en attendant les instructions.


11 Juin – Le gouvernement évoque sans suite la solution du Réduit Breton.


14 Juin – Au matin, des avions allemands volant à faible altitude lâchent des bombes sur le port et mouillent quelques mines dans la rade. La cible principale est le Richelieu qu’ils n’arrivent pas à atteindre (D’autres sources évoquent le 15 Juin). Les chasseurs de la 27e demi-brigade, revenant de Norvège, arrivent à Brest.

 Plusieurs sources divergent sur ce fait, si vous avez des éléments, contactez-nous.

15 Juin – Les responsables de la Franc-maçonnerie Brestoise brûlent les archives dont la saisie risquerait de compromettre les adhérents. Le contre-torpilleur Milan quitte Brest, direction Plymouth avec à son bord le Général de Gaulle et de l’Eau Lourde. Les chasseurs de la 27e demi-brigade, revenant de Norvège, continuent d’arriver à Brest.

Site de la FONDATION CHARLES DE GAULLE

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16 Juin – Les Anglais fuient l’arrivée des Allemands en embarquant tout ce qui peut l’être. La France sauve son or, qui était stocké dans le fort du Portzic, en le chargeant sur les navires; El Djézair, El Mansour, El Kantara, Ville d’Alger, Ville d’Oran et le Schoelcher, qui partent à Casablanca. Le XV° corps d’armée allemands (Hoth) reçoit l’ordre de s’emparer de Brest, ils sont à 600 Km de la ville. Trois grands paquebots quittent Brest également, à leurs bords, des troupes anglaises.


17 Juin – Des avions Allemands survolent Brest et la bombarde. Une section du 112° Régional (démunie de pièce antichar et de toute arme collective) arrive à Lesneven. Affamés, ils sont restaurés par la population et annoncent que les Allemands arrivent. Ils ont ordre de retarder l’avance ennemie pour permettre aux bateaux de quitter Brest. Des obstacles de fortune surgissent aux carrefours.


Nuit du 17 au 18 Juin – Des aviateurs et un agent du SOE tente d’extraire la famille du général de Gaulle mais l’avion s’écrase à Kerbiquet en Ploudaniel.


18 Juin – Tous les navires, civils comme militaires (près de 80 navires) en état de prendre la mer sont chargés et fuient. Le cuirassé (inachevé) Richelieu parvient lui aussi à s’enfuir de Brest alors que les Allemands sont aux portes de la ville. Il y a peu de casse quand la flotte sort de la rade excepté le Vauquois qui touche une mine au large du Conquet, faisant 135 victimes. A noter aussi le remorqueur Le Provençal qui saute à 12h45 lors d’une manœuvre dans la rade, tuant presque tout son équipage sauf un rescapé. Le cargo Capitaine Mousic Eugène, de 11 000 tonnes, venu à Brest décharger du vin reprit la route pour Casablanca mais il heurta un aviso et sombra à l’entrée du goulet. Le cargo de Dieppe nommé Brest, heurta le filet anti-sous-marin et coula en baie de Camaret. Pour les autres, ceux restés à Brest qui ne pouvaient prendre la mer, on les saborda. Ce fut le cas de trois sous-marins au fond de la Penfeld; Le Ouessant, l’Agosta et l’Achille. Les stocks sont détruits en toutes hâtes, les cuves de mazout à Lanninon sont en feu et le resteront durant les 8 prochains jours. Une des cuves explose en provoque des dégâts dans le quartier de Kerangoff; Trois maisons anéanties et plusieurs endommagées rues Pierre Loti et de la Poterne. Huit maisons écroulées ou incendiées rue Brizeux. Cet explosion tua 3 personnes dont un marchand de journaux qui s’abritait sous un porche et fut tué par un éclat. Vers 13h, un bombardier allemand, touché par la DCA se pose à Plouguerneau. Dans la soirée, le dernier navire à quitter Brest est le Hardi sur lequel se trouve l’Amiral Ouest. A 22h, le général De Gaulle, en exile à Londres diffuse sur la BBC son appel à la poursuite du combat. Les allemands sont à Saint-Brieuc. Il y aura quatre alertes aériennes dans la journée, la première vers 6 heures et la dernières vers 21 heures. Les poudrerie du Moulin-Blanc et la pyrotechnie Saint-Nicolas sont fermés. Le bureau des Agents militaires annonce que toute autorité française cessera de fonctionner à partir de ce soir. Dans la cours du Château de Brest, on brûle des documents et dossiers.


19 Juin – A 9h45, l’envahisseur est à Morlaix (d’autres sources mentionnent vers 7h), arrivé à Landerneau, les français accrochent les allemands qui préfèrent faire un détour. Il y aura trois morts du côté Français à Landerneau; Louis Caro et Charles Quesseveur dans la rue Neuve. Un certain Moreau est également abattu quai de Cornouaille. Les allemands cherchent à atteindre la flotte, ils n’ont pas de temps à perdre. Il se présente donc à Lesneven vers 11h30 et cette fois écrase les défenses de fortune de la section du 112° Régional. A 15h, l’ennemi est devant Gouesnou. En passant au Folgoët, un officier allemand coupe le câble téléphonique du Café Le Got. Ils arrivent à Brest en fin d’après-midi, c’est la 5e Division Blindée qui arrive en première dans la ville. Le général commandant les troupes s’installe à l’hôtel Continental. Vers 20h les troupes allemandes défilent rue Jean Jaurès et la croix gammée flotte sur l’hôtel de ville. Au Conquet, des marins évacuent vers Ouessant avant l’arrivée des Allemands, parmi eux, le général Charbonneau. A 21h30 les motocyclistes allemands se présentent devant la mairie de Saint-Marc.

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20 Juin – La ville de Brest est entièrement quadrillée par les troupes Allemandes, vers 15h30 ceux-ci défilent devant l’Hotel des Postes. Ploudalmézeau est également occupée à partir de cette date. A 16h, devant la Mairie de Locmaria-Plouzané, les soldats allemands d’un side-car font savoir, dans un française approximatif, au maire venu à leur encontre qu’un champ sera réquisitionné pour le stationnement d’un régiment motorisé. Sur une plage du littoral le capitaine de vaisseau André Robert est débarqué par les Anglais pour récolter des informations sur l’envahisseur allemand.


22 Juin – Signature de l’armistice, la France capitule. A Plouguerneau cinq hommes sont arrêtés pour avoir appréhendés avec rudesse les pilotes de l’avion de reconnaissance s’étant posé en catastrophe le 18 Juin. Le canton de Saint-Renan est désormais totalement occupé. Le capitaine de vaisseau Jean-Baptiste Lucien Le Normand est nommé directeur de l’arsenal par l’amiral allemand Lothar Von Arnauld de la Perière. L’heure allemande est instaurée ainsi que le couvre feu de 23 heures à 5 heures. A Saint-Marc, on réclame des logements pour les soldats allemands qui dorment sous des tentes alors qu’il pleut. La soixantaine de soldats allemands se dirigera au final vers le Casino du Moulin-Blanc en la commune de Guipavas. La Dépêche de Brest, à la demande de l’Ortskommandantur, publie un communiqué intimant l’ordre à tous les mobilisés, rentrés chez eux, de se rendre à la caserne du Château au plus tard le dimanche 23 Juin, à 12 heures. Pour Landerneau, les soldats français doivent se rendre à la caserne Taylor.

Jean-Baptise Lucien Le Normand

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23 Juin – Les cinq hommes arrêtés à Plouguerneau sont jugés, Jean Le Goff, Jean Foricher et Jean-Marie Salaün sont relâchés, Jean-Marie Kerandel et Jean Balcon sont condamnés à mort. Vers 22 heures, un soldat allemand belliqueux se présente au manoir du poète St Pol Roux à Camaret. Il abat la bonne, Rose Bruteller (Photo de droite); puis blesse par balle Divine, la fille du poète et en abuse. Le poète, lui perd connaissance après que sa tête ait percuté une pierre. Le soldat allemand s’enfuit, apeuré par le chien du manoir. Le poète et sa fille seront transférés au Centre Hospitalier de Brest. Crédit Photo – Le Finistère dans la guerre – Thomas & Le Grand

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24 Juin – Une réunion se tient à la sous-préfecture, en présence des maires du Grand-Brest, pour étudier la situation du personnel de l’Arsenal, de la Poudrerie du Moulin-Blanc et de la Pyrotechnie Saint-Nicolas, laissé sans travail et donc sans salaires depuis l’arrivée de l’envahisseur.


25 Juin – Le maire de Saint-Marc, Mr Yves Jaouen, proteste au cantonnement allemand de Ker-Stears au sujet de l’enlèvement, après effraction, de 1.500 litres de gaz-oil du garage Pondaven. On lui promet une enquête.


26 Juin – Le 262° groupe d’artillerie de marine allemande arrive. Le 282° déjà sur place est dissous et intégré au 262°.


27 Juin – Le maire de Saint-Marc, Yves Jaouen, rend visite au sous-préfet et à Victor Le Gorgeu pour discuter à nouveau de la situation des salariés au chômage depuis le 19 Juin.


28 Juin – Le citoyen Jean-Marie Kerandel de Plouguerneau est fusillé à 10h15 au fort du Bouguen suite à l’affaire de l’avion de reconnaissance du 18 juin. Il avait 57 ans, huit enfants, il fut le premier fusillé du Finistère. Jean Balcon échappe à la peine de mort et se voit infligé 8 ans de travaux forcés. Crédits Photo – Avec l’aimable autorisation de la famille Kerandel et Gildas Saouzanet. 

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Jean-Marie Kerandel


01 Juillet – Aussi discrètement qu’il est arrivé, André Robert retourne en Angleterre par le littoral faire son rapport.


02 Juillet – A Saint-Marc, les organismes du Franc du Militaire, Le comité des Fêtes et l’Amicale Sportive se réunissent à la mairie pour créer un service de secours pour les plus nécessiteux.


03 Juillet – L’armada Britannique inflige de lourdes pertes à la flotte Française stationnée à Mers el-Kébir. De nombreux Finistériens y laisseront la vie. Le cuirassé Bretagne est touché mortellement, c’est le drame à Brest.

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04 Juillet – Les bâtiments de la colonie de vacances à Porspoder sont réquisitionnés.


05 Juillet – L’occupant prend possession de l’île d’Ouessant tandis que la garnison de 217 Français sont envoyés au château de Brest pour y être démobilisé. Sur la porte principale de l’église de Saint-Marc, une affiche de propagande allemande est apposée par l’occupant puis aussitôt déchirée par le maire.


06 Juillet – Dès 6 h 45 la DCA allemande ouvre le feu sur un avion anglais évoluant à basse altitude.


08 Juillet – Au petit matin, vers 6h30, un avion anglais de reconnaissance survole la ville de Brest, déclenchant des tirs de DCA. Un obus de la DCA tombe dans un immeuble au 67 rue Jules Guesde, ne faisant pas de blessés. Crédit photo – Dépêche de Brest.


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10 Juillet – On vote les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain, Victor Le Gorgeu, Maire de Brest et Sénateur vote contre, tout comme 79 autres parlementaires dont 6 Finistériens contre 569 ayant voté pour.


14 Juillet – La Wehrmacht donne un concert place de la Tour d’Auvergne mais les Brestois se sont passés le mot, personne ne vient y assister sauf un monsieur d’un certain âge qui se pose sur un banc, dos à la fanfare. Sur ses genoux, un bouquet de fleurs aux couleurs tricolores. Les rassemblements sont interdits aux autorités françaises mais celles-ci n’en prennent pas compte. Le maire de Brest dépose une couronne sur le monument aux morts. De même à Saint-Marc où un avion allemand volant très bas force le maire Yves Jaouen à interrompre momentanément son allocution. A 18 heures, des avions anglais sont la cible de la DCA.

Victor le Gorgeu, devant le Monument

Crédit Photo – Dépêche de Brest


19 Juillet – Le Major allemand Bolten écrit au Maire pour se plaindre des incivilités des Brestois à l’encontre des allemands. Il menace de prendre des mesures sévères et d’infliger de lourdes punitions. Dans le château de Brest, on compte ce jour là, 2500 soldats français du Nord Finistère qui se sont constitués prisonniers sur convocation des allemands. Ils seront envoyés dans des Stalags ou Oflags et ne retrouveront la liberté qu’en 1945 pour la plupart. Crédit Photo – Archives Dépêche de Brest.

(Cliquer sur l’image pour l’agrandir)


23 Juillet – Au Conquet, un accord est signé entre la Centrale de Sauvetage des Naufragés et l’armée allemande sur l’utilisation du canot Nalie Léon Drouin. La Dépêche (ancêtre du Télégramme) est autorisé à reparaître après avoir cessé son activité depuis l’arrivée des allemands.


25 Juillet – Au port de commerce une personne suspecte est abattue par les allemands.


01 Août – la 40° Minensucherflotille (dragueurs de mines) arrivent en rade avec 4 navires.


14 Août – Le maire de Plouvorn, le Général De Réals qui est arrêté et incarcéré à la prison de Brest durant deux jours, ayant été rendu responsable de l’évasion de deux militaires français, prisonniers, placés dans une ferme.


16 Août – Les confédérations ouvrières CGT, CFTC et la confédération patronale CGPF sont dissoutes.


17 Août – A 20 heures, ordre est donné par la Kreis-kommandantur, qui siège à la caserne Guépin, de fournir pour le lendemain 11 heures la liste des personnes possédant des récipients de 200 litres pour y stocker de l’essence. Le maire de Saint-Marc répond par écrit: Impossible.


22 Août – Cinquante affiches de propagande allemande sont déposées en mairie de Saint-Marc avec ordre de les placarder sur les murs de la commune; Refus des autorités municipale.


02 Septembre – La principale ligne téléphonique, dont les allemands avaient seuls l’usage, est sabotée sous le pont Albert Louppe.


03 Septembre – Les allemands arrêtent 12 jeunes (d’autres sources n’en mentionnent que 7), de quinze à dix-huit ans, soupçonnés de l’attentat de la veille.

 Plusieurs sources divergent sur ce fait, si vous avez des éléments, contactez-nous.

07 Septembre – Le maire de Saint-Marc tente une intervention au palais du Justice afin de plaider en la faveur des jeunes saboteurs. Il y rencontre Mr Guillemin Jacques qui est le garde champêtre de Gouesnou, il est jugé par les allemands pour détention d’armes. Il écopera d’une peine de un an de prison qu’il n e purgera qu’en partie puisqu’il décédera quelques mois plus tard.


08 Septembre – Trois des saboteurs du câble du pont Albert Louppe sont remis en liberté mais Abasq Joseph, Kerguélen Albert, Fréché Bertrand et Péhoré Louis sont maintenus en prison.


10 Septembre – Les quatre jeunes saboteurs risquent de lourdes peine, dont la peine capitale pour l’un d’eux.


11 Septembre – Abasq Joseph est condamné à mort pour le sabotage du 02 Septembre. Les trois autres jeunes écopent de peines de prison, 8 ans pour deux et 2 ans pour le dernier.


12 Septembre – Le maire de Saint-Marc, qui a pris le train la veille au soir, débarque à Paris pour tenter d’obtenir une réduction de peine pour les quatre jeunes saboteurs.


13 Septembre – Le maire de Saint-Pierre arrive depuis Paris à Quimper où il s’entretien avec le Docteur Kall à la Feldkommandantur. Celui laisse un espoir en une diminution de peine pour les saboteurs du câble du pont Albert Louppe.


18 Septembre – Le directeur des Constructions Navales de l’arsenal de Brest, l’ingénieur général Roquebert, est arrêté par les allemands et demis de ses fonctions pour refus d’obtempérer avec l’occupant.


20 Septembre – Cinq destroyers allemands entre dans la rade de Brest, ils s’amarrent sur des bouées.


21 Septembre – BROC’H Jean, alias Florette, est recruté dans la Résistance par Georges Bernard du groupe Elie – Drouin.


23 Septembre – des avions britanniques attaquent les destroyers dans la rade alors que deux autres navire s’ajoutent à cette flotte; l’Erich Steinbrinck et le Paul Jacobi.


25 Septembre – La R.A.F bombarde à trois reprises le port de Brest. Il s’agit des premiers bombardements qui perdureront durant 4 longues années. Une bombe tombe place de la Liberté, blessant quelques Brestois et tuant deux Tchèques, employés dans un cirque installé sur place. Une autre bombe chute près du boulevard Gambetta, tuant le jeune Le Goaster, 16 ans (Ndr pas de trace de l’impact sur la rue pour la DP). Rue Jean Jaurès on relève quatre blessés dont deux allemands. Rue Victor Hugo, c’est la clinique du Dr Delalande qui est touchée tuant une employée, Mme Bozec et blessant quatre autres personnes.

LIRE L’ARTICLE DU OUEST ECLAIR SUR LE BOMBARDEMENT

L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial


26 Septembre – La peine de mort à l’encontre de Joseph Abasq est commuée en 10 ans de prison.


28 Septembre – Les sept destroyers allemands partent pour mouiller des mines dans les eaux anglaises.


01 Octobre – A 20 heures, un appareil anglais laisse tomber un chapelet de bombes sur Molène. Trois tombent à l’eau et la quatrième n’explose pas.


02 Octobre – A 7h30, deux nouvelles bombes lancées par un avion de la R.A.F tombent au Nord de l’église; la première dans un jardin causant un cratère de 5 mètres. La seconde atteint l’immeuble de Mr Auguste Le Bousse qui est gravement blessé. Cette bombe tue également le locataire du 1er étage, Mr Cariou Jean, marin pêcheur.


09 Octobre – Un avion biplan de la RAF fait un atterrissage de fortune à Porspoder, les trois membres de l’équipage sont fait prisonniers.


14 Octobre – La kommandantur se plaint déjà que, dans les cinémas, des démonstrations anti-allemands aient lieu lors de la présentation des actualités.


17 Octobre – C’est la cinquante-troisième alerte suivie de tirs de la DCA. Durant cette alerte de 4 heures à 6 heures du matin, une mine magnétique, munie d’un parachute tombe au Forestou-Créis. Une trentaine de maisons subiront des dommages.


18 Octobre – Le poète St-Pol-Roux meurt à Brest dès suite du viol de sa fille et de l’assassinat de sa servante sur la pointe du Toulinguet dans son manoir peu après l’arrivée des Allemands dans le secteur. Le soldat allemand fut jugé et fusillé. Crédit photo – Commune de Camaret.

PLAQUE HONORANT LA MÉMOIRE DU POÈTE À BREST – Rue Traverse

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29 Octobre – Les quatre saboteurs du câble du pont Albert Louppe sont transférés de Pontaniou à Saint-Brieuc. Plus tard, ils seront envoyé à Rennes et à Troyes, de là, ils seront déportés vers le camp de Wolfenbüttel, en Allemagne. Seulement trois reviendront en vie, Bertrand Fréché, âgé de 20 ans, décédera à l’hôpital du camp le 14 Juillet 1944. Un message profondément anti-collaborationniste est écrit à la craie sur le rideau de fer des Galeries Saint-Martin.


02 Novembre – Une foule importante se rassemble au cimetière de Kerfautras pour fleurir une tombe inconnue. Il semble que c’était la tombe d’un soldat Anglais. La foule silencieuse resta un certain temps dans le cimetière. Le colonel Michel Scheidhauer accepte la direction de la Défense Passive.


03 Novembre – Suite à la résistance passive et à la démonstration d’amitié des Brestois envers les Anglais de la veille, les autorités allemandes interdisent toute manifestation ou commémoration du 11 Novembre à venir.


05 Novembre – Alors qu’une messe est célébrée en la mémoire de Michel Ogée (professeur à l’école Navale, tué à son poste de combat en juin 1940) dans l’église de Lambézellec, une alerte aérienne est déclenchée, ajournant la messe.


11 Novembre – La fameuse tombe du soldat anglais, malgré les interdictions, fut couverte de fleurs et des groupes stationnèrent devant en affichant haut et fort les couleurs de la France et celles des Anglais. Le Kriegskommandant n’est pas content et pour punir les brestois, réclame que le Monument aux morts, place Anatole France, soit gardé du 20 au 27 Novembre de 6h à 22h par deux civils tirés au hasard, il confie la tâche au Maire.


12 Novembre – Un avion anglais surgissant d’un épais nuage vient mitrailler le fort du Guelmeur.


13 Novembre – La police allemande fait fermer un café-restaurant de la rue Amiral Jurien de la Gravière. La propriétaire et ses deux employées sont arrêtées car elles sont suspectées d’avoir aidé des fugitifs.


14 Novembre – Des inscriptions à la peinture rouge anti-Vichy apparaissent sur les murs de Brest. On peut y lire « A bas les traîtres de Vichy« .


16 Novembre – Un Ju 52 se crash à dans la région de Brest, 13 morts dont la plupart des aviateurs du II° groupe de la 77° escadre de chasse.


19 Novembre – Alois Wagner, 21 ans, soldat allemand de la 7° compagnie du régiment d’Infanterie 471 est passé par les armes à Brest pour désertion.


20 Novembre – Suite aux événements du 02 et 11 Novembre; Dès 6h, deux sentinelles civiles viennent de prendre place au pied du Monument aux Morts place Anatole France. Semblerait-il que ceux-ci soient connus de tous pour avoir « commercer » cordialement avec l’occupant. Le tirage au sort de Victor Le Gorgeu semble assez ironique… L’installation du couvre-feu entre en vigueur peu de temps après ces événements.


23 Novembre – A 19 heures, Bombardement de Brest avec riposte violente de la DCA.


29 Novembre – A Ploumoguer, un câble est sectionné en huit endroits. Des sanctions s’ensuivent, comme la garde forcée, la prise d’otages. La commune avait déjà reçu une amende pour des faits similaires.


04 Décembre – Le Kreiskommandant intime aux communes de la région Brestoise d’apposer des affiches de propagandes suite aux évènements de Mers El Kébir. Dans le même temps il ordonne de poser une deuxième série d’affiches en langue Bretonne cette fois. Le tout doit être fait avant le 07 Décembre.


06 Décembre – Le nouvel hôpital (Morvan) est réquisitionné par les Allemands.


11 Décembre – Bombardement de 21h30 à 23 heures heures. La boulangerie Lannuzel à Saint Marc est détruite. Sa locataire du deuxième étage, Mme Le Goff décédera de ses blessures. Un bébé de trois mois en suspens dans son berceau est dégagé des gravats. Dans le quartier du Bot, plusieurs maisons sont détruites dont une entièrement, on y dégagera le corps sans vie de Mr Kerdoncuff tandis que sa femme est gravement blessée aux yeux. Route de Quimper, à proximité du stade l’Armoricaine, une voiture est bloquée par un cratère qui vient de se former. Une autre bombe tombe proche de la voiture, projetant des éclats dans celle-ci, blessant deux occupants du véhicule et tuant le troisième; Mr Dalaër. Jean Le Bars, 3 ans, est tué lui aussi dans ce secteur, les autres membres de sa familles sont sévèrement blessés.


12 Décembre – Philomène Le bars, 13 ans, blessée la veille au soir avec sa famille succombe à ses blessures.


13 Décembre – Une patrouille allemande découvre sur le portail d’un carrossier de la rue Yves Collet la caricature d’Hitler légendé du simple mot cochon.


22 Décembre – André Weil-Curiel arrive en gare de Brest, il vient en éclaireur pour voir si l’on peut monter une filière d’évasion. Un Bleinheim abattu par la DCA s’écrase à côté du moulin de Pont-Ours à Plouguin après avoir bombardé Brest (d’autres sources évoquent le 21 Décembre). Les quatre aviateurs sont tués et enterrés à Plouguin.

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24 Décembre – Magnanime, le Kriegskommandant lève le couvre-feu pour permettre à la population d’assister à la messe de minuit. Mais celle-ci n’a pas le cœur à célébrer quoi que ce soit, aucune église ouvre ses portes et les rues sont désertes. Article extrait de la Dépêche de Brest.


27 Décembre – Le croiseur lourd allemand Admiral Hipper fait son entrée à Brest. On peut le voir sur l’image de droite, dans la cale sèche de Laninon.

ARTICLE WIKIPÉDIA SUR L’ADMIRAL HIPPER


31 Décembre – Des soldats allemands fêtent bruyamment la fin de l’année. Surement ivres, certains tirent sur les portes de l’église de Saint-Marc, des douilles sont retrouvés par le recteur dans l’église.


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